Avant propos



Il est banal de dire que l'homme moderne est dissipé, l'amitié trop souvent oublieuse ou infidèle et le temps ingrat.

Si nous nous y étions résigné nous n' aurions point élaboré deux brochures sur un modeste laïc, qui fut un incomparable virtuose de l'action catholique et un grand patriote belge.

Sans y mettre beaucoup d'admiration et de tendresse, et forcément d'émotion, pouvions-nous évoquer Fernand Tonnet ?1

La causerie — brève, directe, ardente — que nous avons cru opportun de publier, en 1957, avait pour mobile d'offrir à nos auditeurs français et belges un portrait qui toucherait le cœur d'un grand nombre, en souhaitant graver dans leur mémoire le nom d'un authentique apôtre : pilier central ou clé de voûte de l'édifice, de la cathédrale jociste.

Psychologique avant tout, ce portrait est rigoureusement exact, mais nous n'avons pas hésité à l'orner d'une guirlande poétique et à le situer dans une lumière évocatrice. L'éclat d'un faisceau s'il peu colorer et embellir la vision de l'image ne saurait ni l'altérer ni la déformer.

Si celui qui écoute fait aisément confiance au conférencier qu'il présume probe, loyal, averti, le lecteur d'un texte est plus exigeant.

Lorsqu'il s'agit d'une apologie il est souvent sceptique, il soupçonne toujours un rien d'arbitraire, de trop appuyé.

Nous avons groupé, à son intention, dans cette menue brochure documentaire, quelques articles sur Fernand Tonnet. Ils sont décisifs et émouvants.

Nous aurions pu nous en tenir là.

En remontant la chaîne de nos années pour retrouver les racines du jocisme, qu'on admet généralement qu'elles sont laekenoises, nous avons rouvert de vieilles fardes et déplié des publications lourdes de poussière.

Il était aussi indiqué de consulter notre journal personnel et spécialement les feuillets ayant trait à notre arrivée à Laeken et à la création de la paroisse Notre- Dame de Lourdes.

Le futur président-fondateur de la J.O.C. a passé son adolescence au n° 36 de la rue Pannenhuis. Tant de ses camarades ont franchi le seuil de notre maison paternelle pour venir s'entretenir avec lui et s'en retourner chaque fois enthousiastes et radieux...

Que béni soit le ciel qui nous a donné l'occasion de rendre également hommage à la noble mémoire de Louis Gryson.

Quoi d'étonnant que nous ayons évoqué simultanément les promoteurs de la Jeune Garde Catholique de Laeken et ceux de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.

En juxtaposant des souvenirs confidentiels et des extraits d'articles parus dans le journal « Le Jeune Garde », en les enchevêtrant, pour être plus précis, nous avons rédigé un peu à notre insu une sorte de chapitre tissez composite des annales de la paroisse royale de Notre-Dame de Laeken.

D'aucuns trouveront austère et aride ce panorama rétrospectif. Tels détails sembleront chétifs qui ne sont pas vains.

Qu'il y ait du superflu et des redites dans ces pages écrites sans nulle autre ambition que de servir d'appendice ou d'addenda à notre causerie sur Fernand Tonnet, nous en convenons volontiers.

De certitude, elles tiennent du procès verbal.

Simplicité, objectivité, authenticité, on n'exige rien de plus de ce dernier.

H. T.

8 mai 1958.

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