Ch. 4 - La Jeunesse Ouvrière Chrétienne



LA JEUNESSE OUVRIERE CHRETIENNE (J.O.C.) (1925-1934)


En 1924, Fernand Tonnet ne s'était pas encore décidé à se consacrer définitivement à l'apostolat laïc. Ceux qui avaient pu sonder la rectitude de ses intentions, ses diverses aptitudes et les richesses de sa vie intérieure, estimaient qu'il était appelé à la vie sacerdotale. C'était notamment l'avis de son confesseur, le Chanoine Desmedt, supérieur de la Basilique nationale.

Fernand fut longtemps incertain sur la détermination qu'il devait prendre pour correspondre aussi adéquatement que possible à la volonté de Dieu sur lui. Il laissa au Chanoine Desmedt et à son frère, professeur au Petit-Séminaire de Basse-Wavre, le soin d'exposer au Cardinal Mercier les motifs de ses hésitations et de solliciter son avis. Celui-ci conseilla à Fernand de rester dans les cadres laïcs qui se constituaient en vue de l'Action catholique.

A partir de ce moment, Fernand se donna sans réserve à ce genre d'apostolat.

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La « Jeunesse Syndicaliste » était une association ouvrière destinée à assurer le bien-être matériel des jeunes ouvriers pour le mettre au service ds leur perfectionnement intellectuel, moral et religieux. Elle correspondait aux désirs de l'autorité ecclésiastique1.

Cependant les encycliques « Ubi arcano Dei » et « Quas primas » de Pie XI, le Congrès de l'A.C. J.B. à Gembloux (17 septembre 1922), le discours du Pape à la jeunese catholique de Rome (19 octobre 1923) et le Congrès de l'A.C.J.B. à Charleroi (21 septembre 1924) amenèrent la « Jeunesse Syndicaliste » à s'intégrer dans l'Action catholique. En agissant ainsi, elle n'abandonnait pas ses principes sociaux, mais leur donnait un pouvoir d'expansion plus grand2. En décembre 1924, l'acte d'affiliation de la J.O.C. à l'A.C.J.B. fut établi, et le 15 janvier 1925, le bulletin mensuel de la J.O.C. paraissait sous le titre suivant : « La Jeunesse ouvrière, organe bi-mensuel de la Fédération nationale des jeunes Travailleurs chrétiens de Belgique, affiliée à l'A.C.J.B. ».

A la section ouvrière du Congrès de l'A.C.J.B. à Gembloux, le 17 septembre 1922, Fernand Tonnet avait proposé la spécialisation des mouvements de jeunesse au sein de l'A.C.J.B.

On finit par s'y rallier et au mois d'août 1927, la réunion sacerdotale de Namur (à laquelle assistait Fernand Tonnet), précisa que l'A.C.J.B., tout en étant l'organe total de la jeunesse masculine avec l'association paroissiale comme groupe constitutif et vital, laissait une juste liberté au recrutement par groupes homogènes s'adaptant aux exigences de la vie et aux différents milieux.

Après la réunion sacerdotale de Namur, on vit bientôt surgir à côté des Patronages, des scouts et de la J.O.C., la J.E.C., la J.A.C., la J.U.C, et la J.I.C., vivant fraternellement et s'entraidant sous la direction du Comité général de l'A.C.J.B.

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Dans l'apostolat de Fernand Tonnet à la J.O.C., on peut distinguer le but poursuivi et les moyens employés.

Le but poursuivi fut toujours la réalisation intégrale du Programme général exposé dans le Manuel de la J.O.C.

Les moyens employés de préférence par Fernand Tonnet furent la prière, les visites de sections, l'apostolat de l'amitié et surtout la rédaction du journal J.O.C.

Fernand s'adaptait sans doute à toutes les exigences de ses devoirs de président : il dirigeait avec tact les séances du Comité général, les semaines d'études et les Congres ; sans la moindre emphase dans l'expression, dans la voix ou dans le geste, il prononçait son discours, présentait les orateurs, canalisait les débats, remerciait les invités. Il avait gravé dans sa mémoire l'enseignement donné par Fénelon dans sa « Lettre à l'Académie » : « L'homme digne d'être écouté est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et la vertu. Rien n'est plus méprisable qu'un parleur de métier, qui fait de ses paroles ce qu'un charlatan fait des remèdes ». Jamais Fernand ne fut ni harangueur, ni phraseur, ni tribun ; aucune de ses allocutions ne contient une tirade ou même une phrase s'apparentant à l'éloquence romantique. Il s'est contenté d'être devant toutes les assemblées celui que Caton a défini : « Vir bonus dicendi peritus ». Fernand n'avait aucun attrait pour les manifestations spectaculaires, les répétitions de chœurs parlés, les uniformes ou les réalisations matérielles qui lui rappelaient l'Œuvre Ferrari de Milan.

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Disciple fervent de Dom Chautard, Fernand s'employa sans cesse à faire comprendre la nécessité et la fécondité de la vie intérieure selon le message de l'Abbé de Sept-Fons.

Au cours d'une retraite jociste à Maredsous, pendant le carême 1928, il fut sollicité de faire une conférence à ses compagnons et tout en leur faisant observer qu'il était venu comme eux pour prier, s'examiner et réfléchir, il les entretint de ce chapitre de l'Ame de tout Apostolat où Dom Chautard explique comment les Œuvres ne doivent être que le débordement de la vie intérieure.

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Le second moyen d'apostolat préconisé par Fernand furent les visites aussi fréquentes que possible des sections. De 1924 à 1934 il a parcouru toutes les routes et tous les sentiers de Wallonie, Les comptes rendus des réunions jocistes le signalent partout : à Namur, Liège, Tournai, Arlon, Verviers, Mons, Mouscron, Huy, Nivelles, Waremme, Virton, Boussu, Verlaine, Villers-l'Evêque, Seraing, Hozémont, Sur-les-Bois, Engis, Flémalle, Jemeppe, Lize, Souxhon, Saint-Hubert, Saint-Servais (Namur), Vedrin, Beauraing, Tilleur, Tihange, Falisolles, Auvclais, Sombreffe, Gembloux, Marche-les-Dames, Gosselies, Malmédy, Dolhain, Limbourg. Welkenraedt, Enghien, Wanfercée-Baulet, Walcourt, Limont, Remicourt, La Louvière, Wisbecq, Basse-Wavre, Visé, Frameries, Ciney, Chimay, Morlanwelz, etc., etc. Au cours de ses visites, Fernand insistait pour que le mouvement jociste, tout en développant sa pénétration en province, n'abandonnât aucun point de son programme ; il demandait de ne pas se limiter a la formation morale et religieuse des jeunes travailleurs, mais d'aborder aussi les problèmes soulevés par la vie professionnelle des jocistes. Un article publié par Fernand le 17 janvier 1933, peut être considéré comme le schème du Jocisme, qu'il crayonnait devant ses jeunes auditeurs au cours de ses tournées :

« CE QU'ON FAIT A LA J.O.C. : l'on y prépare les écoliers de dernière année à leur vie de travail par toute une série de conseils et de petites conférences ainsi que par des visites d'ateliers et d'usines. Ensuite on les aide à choisir un métier correspondant à leurs aptitudes physiques et intellectuelles. La J.O.C. se préoccupe également de l'apprentissage, du salaire des jeunes, ainsi que des conditions dans lesquelles se trouve l'atelier où ils gagnent leur vie. C'est ainsi que nous cherchons sans nous lasser, à améliorer la situation hygiénique des locaux de travail et que nous luttons également pour diminuer tous les risques d'accidents de travail qui surviennent en si grand nombre dans nos ateliers et nos usines. Les septante mille jeunes-ouvriers et ouvrières qui sont dans la J.O.C. belge y reçoivent également une solide éducation parce que l'école est insuffisante pour faire face à toutes les nouvelles conditions de vie dans lesquelles sont placés les jeunes ouvriers et les jeunes travailleuses de notre époque. Dans la J.O.C. on donne de fréquentes conférences sur l'épargne, et toute une organisation de Caisse d'épargne y fonctionne. On engage aussi les jeunes ouvriers à s'inscrire dans des syndicats professionnels sérieusement dirigés, comme le sont les syndicats chrétiens. On demande aux jocistes de faire partie, dès leur jeunesse, d'une mutualité afin d'être assurés de secours financiers en cas de maladie. De plus, la J.O.C. met périodiquement ses membres au courant des conditions d'affiliation à des sociétés d'habitations à bon marché, parce que les jeunes ouvriers et les jeunes ouvrières qui sont dans nos rangs, constitueront demain des foyers et nous devons éviter pour ces jeunes foyers le mauvais logement et le taudis qui vicient matériellement et moralement. Le mouvement jociste donne à ses membres une éducation morale très active, en leur recommandant d'être des fils aimants, respectueux et dévoués, des fiancés dignes et plus tard des époux honnêtes et courageux. La J.O.C. donne à ses membres le désir et le moyen d'être apôtres au milieu de leurs compagnons de travail. Les jocistes ont compris toute la profonde transformation populaire que nous voulons opérer ; et innombrables sont déjà les actes émouvants d'apostolat héroïque qui ont été accomplis par des jeunes yens de lu J.O.C. dans les usines, les fabriques, les ateliers et les bureaux. »

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Au cours de la guerre 14-18 et de toutes les étapes de son pèlerinage terrestre, F. T. eut le culte de l'amitié. Dans l'intimité de sa chambre de travail, dans un local d'oeuvres après une réunion jociste, dans le parloir d'une lointaine maison vicariale ou presbytérale, comme jadis dans les abris des tranchées et comme plus tard dans les blocks des camps d'extermination, il fut inlassablement le confident dans le cœur duquel on épanchait les tristesses et les espérances. « Une section de J. O. C. écrivait-il dans le journal du 6 janvier 1934, est un centre, un foyer d'amitié. Tous les membres doivent en sentir tes bienfaits. Aucun ne doit être laissé à l'ombre. A la J. O. C. il ne peut y avoir de ces « parents pauvres » qu'on abandonne toujours aux dernières places ou qu'on néglige... Amitié qui élève, qui conquiert, qui éduque. Si nous la pratiquons, nous ferons réfléchir plus d'un et nous lui donnerons le désir de répandre autour de lui l'atmosphère d'amitié chrétienne que nous lui fîmes apprécier. »

Cette amitié chrétienne, telle que F. T. L'envisageait n'était pas seulement un épanchement de confiance, mais une forme d'apostolat qui l'inclinait vers les âmes pour leur procurer la vérité dans la foi, la pureté dans la grâce, la paix dans l'accomplissement du devoir d'état sous le regard de Dieu. L'amitié de Fernand inspirait un attrait indescriptible, né du bonheur donné et du bonheur reçu. Elle puisait son secret dans les saintes amitiés de Jésus à Béthanie.

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Le Manuel de la J. O. C. (deuxième édition belge 1930) définissait dans les termes suivants la tâche confiée au journal « JOC » : « Aux adolescents et aux jeunes salariés, la J. O. C. a l'ambition d'offrir un organe illustré, qui soit le miroir fidèle de son organisation, la tribune éloquente de son programme, la vulgarisation de toutes les connaissances professionnelles, techniques, sociales, littéraires, artistiques, morales et religieuses, utiles ou nécessaires au véritable relèvement de la jeunesse ouvrière. Par son journal, la J. O. C. veut entrer chaque semaine dans toutes les familles jocistes, y être l'ami attendu et aimé qui apporte chaque samedi la bonne nouvelle qui repose des fatigues de la semaine, qui distrait des laideurs et des vulgarités, qui attire vers les joies intellectuelles et spirituelles. qui réconforte le cœur et éclaire l'esprit. Pour ceux qui n'ont pu assister aux réunions » « JOC » est le propagandiste éloquent qui, dans le coeur à cœur de la lecture, apporte les nouvelles du mouvement, ranime le courage et refait les convictions. Plus le mouvement s'étend, plus le nombre des Jocistes croît, plus l'importance du journal augmente. La niasse n'assiste pas régulièrement à des réunions, le journal les atteint et les retient chaque semaine. Plus il est intéressant, mieux il est illustré, plus il éloigne des autres publications dangereuses. Il doit devenir le grand outil de pénétration jociste dans le milieu du travail et dans le milieu ouvrier. Les militants doivent le répandre et le vendre dans tous les ateliers, dans toutes les usines et dans tous les quartiers ouvriers... Faut-il dire que le journal jociste doit être mieux utilisé, mieux commenté dans toutes les réunions jocistes, qu'il doit servir à fournir des exemples, des faits vécus de cran, de propagande, et des réalisations du mouvement ? »(Manuel de la J. O. C. pp. 272 et 273).

Ces lignes du Manuel Jociste exprimaient un idéal à atteindre.

Il suffit de feuilleter les recueils des numéros du journal « JOC » qui virent le jour de 1929 à 1934, pour se rendre compte de la manière dont cet idéal a été atteint. Quand on relit les centaines d'articles que F. T. a publiés sur la formation religieuse, le « cran », le service des malades, la prévention des accidents, la propagande, l'éducation, la bonne chanson, le choix dit métier, la vie syndicale, la vie sociale, l'éducation du sentiment, l'hygiène, l'éducation familiale, des questions littéraires et artistiques, etc., etc., on comprend que c'est à la rédaction et à la direction de cette revue hebdomadaire qu'il a consacré au cours de laborieuses' années, les richesses de son intelligence et les meilleures qualités de son zèle. L'histoire de son apostolat à la J. O. C. ne se trouvera jamais avec plus d'authenticité que dans les pages de ce beau périodique.

F. T. dut quitter la J. O. Ç. en 1934. Il dut en même temps abandonner la direction du journal « JOC ». Voici en quels termes il fit ses adieux « aux chers lecteurs de JOC » :

« Après tant d'années, vous comprenez l'émotion qui m'étreint en abandonnant la direction de ce journal où j'ai connu tant d'inoubliables heures. Mes amis ont dit, dans un précèdent numéro, quel travail cela m'avait demandé, mais ils ont omis de rappeler les exaltantes joies que j'ai connues lorsqu'il m'arrivait de lire les lettres, les confidences, les « récits de cran » de tant de jeunes camarades...

Dans la presse des jeunes de tous les pays et de toutes tendances, notre journal, par sa tenue, par sa variété, par le « chic » de sa présentation, garda toujours ta première place qu'il a conquise depuis 1929...

Merci à vous tous, chers lecteurs, de votre fidélité et de votre amitié. S'il vous arrive plus tard de retrouver dans vos archives, un vieux numéro de « JOC » d'avant juillet 1934, en le parcourant et avant de le jeter peut-être au feu, ayez une pensée de charité pour celui qui, à celle époque, en était l'indigne directeur...

Quant à vous, mes camarades de la rédaction, je vous dois, au début de votre nouvelle tâche, une confidence : j'ai toujours aimé passionnément notre « JOC » parce que, d'une part, je savais qu'il était un message du mouvement jociste dans les milieux ouvriers et que, d'autre part, je n'oubliais jamais que notre humble journal était parcouru, chaque semaine, par Celui qui considère la J. O. C. comme l'avant-garde de l'Action Catholique : SA SAINTETE LE PAPE PIE XI.

Quand on sait cela, on ne ménage pas ses peines, ses travaux et on va de l'avant farouchement épris de lumière et de vérité. »

(« JOC », 4-11 août 1934)

Ce furent les dernières lignes que F. T. écrivit dans « JOC ». Auparavant il avait adressé à tout le mouvement , jociste le message que voici :

A mes Camarades de la J. O. C.

« L'adieu que je vous adresse aujourd'hui, ne sera pas assombri de mélancolie. Il reste trop à faire au chantier de l'action ouvrière pour que l'on gâche à s'attrister, le temps que Dieu nous donne.

De plus, quand on a reçu les exemples qui m'ont été donnés, on dédaigne la halte, on ne se retourne guère sur la route, mais on fixe les yeux dans le présent.

Et pour qu'ils voient clair, il ne faut point de larmes.

J'aurais des centaines de noms à citer, pour qu'en cette heure de départ, j'y joigne une pensée de gratitude, mais je dois me limiter à dire d'abord au Chanoine Cardyn, qui fut pour moi le maître, l'ami, le conseiller, l'entraîneur de ma vie, tout ce que je lui dois. Ce qui a été écrit l'autre semaine, dans les pages de « JOC », doit lui revenir en très grande part.

J'ajoute un mot pour nos amis Paul et Jacques et je tiens à unir à leur souvenir le nom de Jean Schellekens.

Tous les anciens savent ce qu'ils ont réalisé, en assumant presque toujours les besognes les plus rudes, les plus prosaïques, les plus cachées ; et les trois quarts des éloges qui m'ont été décernés leur sont dûs.

Il y a d'autres noms que j'aimerais à rappeler : noms d'aumôniers, noms de propagandistes, noms de dirigeants, noms de simples jocistes... et hélas, noms de camarades défunts.

Noms de Belgique, noms d'autres nations : de France, ou j'ai été reçu si souvent par le cher abbé Guérin et le P. Guichard ; de Suisse, du Canada, on travaille si intensément notre ami le P. Roy ; d'Espagne, de Portugal, de Tchécoslovaquie, du Vénézuela, des Indes, de Chine... Oui adieu à tous ces amis...

Adieu à nos amis de l'A. C. J. B. et principalement à Monseigneur Picard qui fut pour moi, depuis plus de dix ans, un ami et un conseiller, à G. Hoyois qui m'a toujours stimulé par le labeur écrasant qu'il mène à son poste de président général de l'A. C. J. B.3

Adieu à mes camarades des hôpitaux et des sanas. Ma pauvre prière continue à les rejoindre chaque matin, car je leur dois haut de robustes leçons d'endurance...

Adieu à la J. O. C., mais non aux Jocistes. Je sais qu'un jour ils rejoindront leurs aînés dans les œuvres d'adultes.

Au travail. Et que le Christ vous aide. »

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Fernand Tonnet quitta son bureau du secrétariat général de la J. O. C. au début du mois de juin 1934. Le train qui remportait vers Charleroi traversa les fertiles campagnes du roman pays de Brabant. En songeant aux futures moissons, F. a dû se rappeler les paroles adressées par saint Paul aux Corinthiens :

« Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais Dieu a fait croître. Ainsi ni celui qui plante n'est quelque chose, ni celui qui arrose ; mais Dieu qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose sont égaux, et chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail. Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. » (1 Cor. 7-9 trad. de Crampon).



Notes

1« C'est pourquoi (à cause des erreurs commises) la Sacrée Congrégation veut que les dirigeants soient exhortés à pourvoir plus efficacement à l'éducation syndicale chrétienne de tous les membres, en utilisant les moyens que louablement ils mettent déjà en œuvre : secrétariat, semaines syndicales, cercles d'études, réunion de propagandistes. semaines d'exercices spirituels, afin d'imprégner l'action syndicale d'esprit chrétien, fait de charité, de justice et de modération. Et à ce sujet, la Sacrée Congrégation suggère que dans les patronages et les diverses œuvres d'éducation l'on donne un enseignement social proportionné à l'intelligence des jeunes. » (Lettre de h Sacrée Congrégation du Concile à Monseigneur Liénard.)

2« Il faut que, les principes sociaux de l'Eglise, bien compris, se répandent en des milieux de plus en plus étendus, même laïques et qui se laisseront alors diriger par l'esprit apostolique, trait distinctif de l'Action catholique. Comme l'Action catholique consiste en la participation des laïcs à l'apostolat hiérarchique et qu'elle a pour but de défendre les principes catholiques dans tous les domaines — sans en exclure le domaine ouvrier —, de les vulgariser et de les taire mettre en pratique, tout le monde comprend la puissante digue qu'opposent à la marée montante du socialisme, les associations qui prennent leur appui sur cette Action catholique ». (Lettre du Cardinal Gasparri à Mgr. Walterbach, Président des Associations ouvrières d'Alsace, 2 novembre 1929).

3F. T. était à la fois Président de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne et Vice-Président de l'Association Catholique de la Jeunesse Belge. Le Comité Général de l'A. C. J. B. lui confia la mission de le représenter au sein d'organisations importantes, telles que la Ligue catholique du cinéma, le groupement de la Vie Catholique à l'exposition de 1935, etc.

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