Ch. 6 - Action Catholique des Hommes



ACTION CATHOLIQUE DES HOMMES (A.C.H.) (1938-1943)


L'Action Catholique des Hommes (A. C. H.) chargée de coordonner et de compléter l'apostolat des adultes, devait être l'aboutissement de l'activité de F. T. dans le vaste champ des œuvres. Elle offrait à la maturité de son zèle une grande expansibilité.

F. T. se fixa au secrétariat de l'A. C. H. dans un vaste appartement du premier étage qu'il meubla simplement, avec le souci d'harmoniser son désir de confort dans le travail et son goût inné de l'esthétique.

Il fut bientôt sous le charme de cette maison, silencieuse comme un sanctuaire et accueillante comme une abbaye. C'est là que dans l'intimité de Monseigneur Picard, de Giovanni Hoyois et de Freddy De Bueger, il passa les années les plus paisibles de sa vie, entouré comme eux de la sollicitude des Sœurs Oblates de Resteigne et du dévouement de Boris.

A quinze kilomètres de Bruxelles, dans la maison presbytérale de Genval, habitée par un de ses frères, F. T. s'était réservé une autre chambre de travail d'où son regard apercevait la sinueuse et pittoresque vallée de la Lasne. C'était son séjour de prédilection les lendemains de journées de propagande.

Avec ses collègues du secrétariat il seconda le clergé de Bruxelles et de Wallonie dans la formation de ces équipes d'A. C. H. qui se révélèrent bientôt comme des sortes de conseils paroissiaux qui sous la direction du curé groupaient fraternellement dans un but apostolique des hommes appartenant à tous les milieux sociaux.

F. T. eut à tâche de rendre effectives les suggestions du Conseil Central de l'A. C. H. en recommandant sans cesse aux équipes paroissiales et régionales les enquêtes sur la situation religieuse, les collections bisannuelles, la collaboration aux campagnes pour la communion pascale et pour la messe du dimanche, la constitution de sections de lu ligue pour le relèvement de la Moralité, la fondation ou le redressement d'œuvres charitables, religieuses et d'action sociale.

L'invasion du pays, le 10 mai 1940, paralysa pendant quelques semaines l'activité de l'A. C. H. Le secrétariat de la rue des Deux Eglises se mua en office de logement pour les malheureuses victimes de l'évacuation. Quand l'ouragan eut passe, F. T. entreprit la visite des paroisses sinistrées de Wallonie, leur facilitant les recours aux œuvres officielles ou privées qui pouvaient soulager leur détresse. Il s'employa aussi à constituer de nombreux dossiers de militaires tués ou blessés.

Au mois d'août 1940, la plupart des équipes paroissiales d'A. C. H. étaient regroupées. Les « Feuilles documentaires » parurent clandestinement et le travail apostolique se poursuivit surtout dans les secteurs des œuvres charitables et religieuses.

A ceux qui prétendaient qu'une équipe paroissiale d'A. C. H. était réduite à l'inaction pendant la guerre, F. T. répondait incontinent :

« Etes-vous bien sûrs que tous les adultes et grands jeunes gens de votre paroisse ont été sollicités pour faire partie de la Ligue du Sacré-Coeur ? Aidez-vous les zélateurs de la Ligue du S.-C. dans leurs visites mensuelles ? Avez-vous dans voire paroisse une conférence de Saint-Vincent de Paul, composée surtout de jeunes gens ?

Les familles pauvres sont-elles secourues par des visites faites régulièrement et dans l'esprit de Frédéric Ozanam ? Faites-vous de la charité préventive en affiliant les pauvres à des mutualités, etc.

Se préoccupe-t-on, si votre paroisse est une paroisse de ville ou de région industrielle, de la détresse cachée de certaines familles de la petite bourgeoisie et même de la bourgeoisie ?

A-t-on essayé le lancement d'une sorte de bulletin paroissial ?

A-t-on organisé une deuxième ou troisième journée pour prisonniers ?

Y a-t-il un Cercle d'études religieuses accessible aux hommes intelligents des différents milieux sociaux de votre paroisse ?

Qu'avez-vous fait auprès des adultes de votre paroisse pour qu'un grand nombre assistent plus régulièrement à la messe du dimanche ou bien êtes-vous résignés à la désertion de nos églises par une grosse masse de nos concitoyens ?

Avez-vous tenté des démarches à domicile dans le but d'amener des hommes de n'importe quel milieu social à assister à telle solennité religieuse ou à telle réunion ?

Avez-vous un comité scolaire, fonctionnant comme celui de Schaebeek-Saint-Servais dont nous avons publié la monographie dans tes Feuilles Documentaires ?

Si nous appartenez à une paroisse de grande ville ou de région Industrielle êtes-vous là une poignée de laïcs suffisamment instruits de notre religion pour prendre l'initiative de quelques réunions d'indifférents afin de leur exposer un point de doctrine ?

Les sociétés chrétiennes de Mutualité de votre paroisse se sont-elles réunies fréquemment depuis le mois de mai 1940 ? En a-t-on profité pour parler aux membres, du Christ, de l'Eglise, du Pape, de la vie chrétienne en famille et dans la profession, vous êtes-vous préoccupés du rôle éducatif de nos sociétés de secours mutuels ?

Que faites-vous pour aider, stimuler et encourager les œuvres de jeunesse de votre paroisse ?

Vous êtes-vous préoccupés de rechercher les nombreux faux ménages qui pourraient être régularisés ? Et quand ils ont été régularisés, y a-t-il des laïcs dans votre paroisse qui sont à même d'aller à domicile durant quelques soirées pour compléter la formation religieuse de ces âmes, ramenées dans le bon chemin ?

Vous êtes-vous déjà livrés à une petite enquête concernant les adultes nouvellement arrivés dans votre paroisse et qui ne reçurent pas autrefois le sacrement de confirmation ?

Avez-vous depuis 18 mois mis en pratique la suggestion que nous avons faite concernant la diffusion du volume des Saints Evangiles ?

Avez-vous pu amplifier l'importance de votre Bibliothèque paroissiale ? Vous préoccupez-vous de la fondation dans votre paroisse d'un modeste Cercle d'études composé surtout de pères de famille de moins que quarante ans et qui accepteraient d'étudier régulièrement les problèmes d'action familiale qui se posent maintenant et qui se poseront davantage dans l'après-guerre ? »

Et Fernand Tonnet terminait son laïus par ces paroles : « Toutes ces suggestions ont été faites aux lecteurs de nos Feuilles documentaires et aux participants de nos récollections depuis le mois de juillet 1940. Je me demande comment il y a encore des équipes paroissiales d'A. C. H. Qui se battent les flancs en répétant qu'elles n'ont rien à faire. »

Parmi les formes d'apostolat auxquelles F. T. s'attacha avec le plus d'application pendant cette période de guerre, il convient de signaler l'organisation de deux cents récollections dominicales d'hommes. Quelques semaines avant son arrestation il écrivait dans les « Feuilles Documentaires » : « Continuons. Et que les paroisses veuillent bien fixer à temps leur prochaine date de récollection. Quand pour ces journées de recueillement, quelques laïcs décidés font des visites à domicile, on obtient toujours de bons résultats. Là où l'on s'obstine à ne pas vouloir suivre ces conseils de propagande directe, on stagne, on piétine, on ne recueille que de lamentables auditoires disproportionnés à la population de la paroisse. Il faut abandonner tes vieilles méthodes de recrutement par circulaires. Il faut aller aux hommes. Si Ton a peur de, tancer des adultes de 30 à 40 ans au travail de propagande pour une ou deux récollections par an, comment parviendrons-nous à nous imposer au cours de cette époque bouleversée que sera l'après-guerre ? Comment aurons-nous alors des laïcs taillés pour toutes tes missions d'Action Catholique, si maintenant, pour de simples et paisibles démarches à objectifs religieux, on recule et on n'ose pas les lancer ? Que 1943 soit une année très audacieuse pour l'apostolat religieux de nos hommes. Il le faut. »

Comme les équipes paroissiales qui les organisaient, ces récollections réunissaient des employés, des commerçants, des ouvriers, des bourgeois, bref, des adultes appartenant à tous les milieux.

Si F. T. sollicitait avec tant d'insistance la participation de toutes les classes sociales à ces journées de recueillement, c'est parce que son expérience, enrichie par un contact ininterrompu pendant vingt-cinq ans avec clergé et les hommes d'oeuvres de Wallonie, lui avait donné la conviction que le grand moyen de rapprochement et de réconciliation entre riches et pauvres se trouvait dans toute l'économie des vérités religieuses, dont l'Eglise est la gardienne et l'interprète.

En subordination à ce grand moyen, F. T. préconisait, au cours de ses visites d'équipes ou de cercles d'études d'A. C. H. tout un ensemble de mesures destinées à apaiser les conflits entre le travail et le capital. Un mémoire trouvé sur sa table peu après son arrestation en fait foi. C'est comme son adieu aux équipiers d'A. C. H.

Quel que soit le régime professionnel d'après-guerre : corporatisme ou néo-syndicalisme ouvrier dégagé des partis politiques, il faut se préparer dès maintenant à diminuer notablement l'esprit de lutte dans la vie professionnelle.

C'est ainsi que le monde patronal doit être convaincu que sa fonction de chef, de patron, de dirigeant, est un service. Il ne le sera que si dans ce milieu on parvient à susciter des hommes abondamment nourris des encycliques pontificales d'une part, et acceptant d'autre part, de s'inspirer des exemples lumineux et concrets donnés au cours de ces quarante dernières années par des chefs d'industrie (catholiques pour la plupart) qui se considèrent comme les pères de leur personnel.

Il importe de se pencher sur son usine, son atelier, en se demandant ce qu'il faut faire pour amener les employés et ouvriers à considérer leur patron comme un ami et la firme comme une sorte de patrimoine collectif à la prospérité de laquelle on travaille de tout son cœur.

Il faudrait susciter dès maintenant des « rencontres » d'industriels de moyenne importance. D'autres réunions seraient organisées parmi les directeurs de firmes plus importantes, car les problèmes de la grande industrie appellent des études et des réflexions plus nombreuses.1

Il paraît urgent de susciter en outre des réunions de jeunes ingénieurs non encore nantis d'importantes fonctions dans les usines. En effet, plus mêlés à la vie quotidienne du personnel, ces ingénieurs pourraient suggérer d'utiles réformes pour que règne au travail un esprit plus confiant, plus loyal, plus consciencieux.

Après avoir étudié les responsabilités de la fonction de « patron, de directeur d'usine », il faudra en venir à des applications immédiates.

Voici, sans le moindre souci de classification, quelques-unes des réformes radicales à apporter dans notre milieu professionnel :

a) le choix sévère du personnel de maîtrise. Ne plus avoir en vue que la compétence techniques Veiller à ne nommer aux divers échelons de l'autorité que des hommes foncièrement moraux dans leur vie privée comme dans leur vie d'atelier, des hommes immunisés contre toute idée de haine sociale. Il faudra leur donner par des causeries, par des entretiens, par des conseils, les principales notions de l'art de commander. Que de firmes catholiques (ou dirigées au sommet par des catholiques) ont des ouvriers ou employés qui sont habituellement traités avec brutalité, grossièreté, insolence et injustice par des sous-ordres nommés avec irréflexion. Ce sont ces sous-ordres qui alimentent l'esprit de mécontentement, de méfiance, que l'on déplore chez beaucoup de travailleurs.

Il faut donc les choisir avec plus de prudence et les former sans se lasser à leur fonction si importante.

Il serait souhaitable que les griefs personnels des ouvriers fussent examinés rapidement par les chefs responsables de manière à prévenir les rancunes et les mécontentements latents.

b) Nul ne peut prévoir aujourd'hui (en 1942-43) le genre d'idéologie économique, sociale ou même politique qui se présentera demain aux regards du travailleur, mais l'on peut avancer qu'il faudra coûte que coûte en venir à une méthode plus humainement compréhensive des ouvriers.

Nous devrions trouver dès maintenant des hommes du monde patronat et des carrières libérales qui ayant scruté ces problèmes de collaboration confiante et loyale entre le patronat et le personnel, aillent en parler devant le public, sans tarder. Nos mutualités chrétiennes sont encore en activité : elles comptent des centaines de milliers d'adhérents. Pourquoi ne se servirait-on pas présentement de ces auditoires pour semer tes idées qui demain devront assurer la pacification des esprits.

Nous abandonnons trop notre public catholique adulte et nous te laissons s'avancer vers l'après- guerre sans le faire réfléchir et sans le prémunir.

c) Que ne devrait-on pas tenter également, sans tarder, pour réinculquer à tous les échelons de notre monde industriel, la conscience professionnelle ? Ici aussi, en vue d'aujourd'hui comme de l'après-guerre, il y aurait une tache gigantesque à réaliser. Comment ? Par des conférences au personnel, Par des leçons données régulièrement dans nos écoles professionnelles comme dans les écoles primaires et moyennes, ainsi qu'à l'Université. Il faut créer dès maintenant une mystique du travail accompli ponctuellement, soigneusement, courageusement.

Est-il si malaisé de réveiller au cœur des générations d'aujourd'hui ta fierté du travail bien fait ?Qu'on s'y mette. On sera étonné de la beauté de cet apostolat qui devient au milieu de nos moeurs indolentes et des « tirages au flanc », une vraie croisade.

Fierté du travail bien fait. Mais aussi fierté de sa firme, fierté de la société où l'on gagne sa vie, où l'on édifie par son humble travail quotidien la reconstruction économique de ta patrie.

Pour cela il faut se rendre compte concrètement par des enquêtes, de l'étendue du mal, il faut oser dresser par métier, les manquements techniques par lesquels on pèche contre la conscience professionnelle. Ensuite il faut par la conférence, les projections lumineuses, le film, ta brochure, exalter le travail consciencieux.

d) Que ces efforts éducatifs doivent être accompagnés d'un meilleur esprit de justice, cela va de soi.

Il appartient aux industriels nourris de la doctrine sociale de l'Eglise et documentés sur les essais tentés en Belgique et à l'étranger, de décider des formules équitables à réaliser pour associer le monde du travail aux progrès et aux bénéfices de la firme. Mais que l'on ne se contente pas de mesures tellement timides qu'elles n'auraient aucune répercussion sur la mentalité du travailleur. L'on sait que l'après-guerre verra surgir des revendications en ce domaine. Il faut devancer celles qui seraient justes.

e) La moralité dans les usines, pendant le travail et au cours des repas, devrait retenir davantage l'attention du monde patronal et de leurs chefs subalternes. Surtout lorsque le personnel comprend des ouvrières ou des employées. Voyez à ce sujet les rapports et les éludes publiées par VA. P. I. C. Traitons fréquemment cette question de moralité dans nos réunions d'équipes. Trop de catholiques des divers milieux sociaux n'entendent jamais la vérité à ce sujet et abordent chaque lundi leur tâche professionnelle eu réels matérialistes.

f) Vie paroissiale. On se rappelle la réponse que saint Augustin donna à ceux qui devant la conquête de Rome par les Barbares étaient devenus tristes et anxieux :

« les temps sont mauvais, disent les hommes ; vivons chrétiennement et les temps seront bons. Nous sommes les temps. »

Je suis de plus en plus persuadé que dans n'importe quel secteur notre apostolat n'aura de fruits durables qu'en associant étroitement nos œuvres à la vie paroissiale. La vitalité des œuvres est exposée à beaucoup de vicissitudes. Les paroisses en dépit des guerres et des persécutions ont toujours poursuivi leur mission d'enseignement, de sanctification et de gouvernement des âmes. Un bon chrétien, disait le Cardinal Mercier, est un bon paroissien. »

En dehors des limites fixées à son activité dans l'A. C, H., Fernand Tonnet entreprit la publication des « Feuilles Familiales ».

Cette modeste revue répondait au désir, maintes fois exprimé, d'établir un lien entre les foyers d'anciens jocistes2. Elle eut immédiatement pour objectif un beau programme d'éducation familiale. En mai 1943. après six années de travail patient, les Feuilles Familiales avaient repéré 4.400 familles auxquelles elles fournissaient chaque mois la solution chrétienne des problèmes qui se posent devant les parents soucieux d'accomplir aussi parfaitement que possible leur mission d'éducateurs.

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Enfin F. T. prit une part active dans la Ligue pour le Relèvement de la Moralité publique.

Il était venu à notre mouvement, a déclaré Monsieur le Docteur Wibo, d'un instinct profond et clairvoyant : il avait senti, des l'abord, tout ce que notre œuvre de Relèvement moral représentait au regard de la classe laborieuse, plus exposée que nulle autre aux entreprises de l'immoralité publique. Et comme il savait se donner, il se donna à notre œuvre avec ses dons qui le caractérisaient : l'élan apostolique et la réflexion. Il était souvent le dernier à prendre la parole à nos réunions et il le faisait alors avec une grande autorité, basée sur l'expérience et la connaissance des hommes et des choses. Au cours de nos séances, son carnet de poche s'emplissait de notes et puis il s'en allait — sans beaucoup de phrases — mais prêt à mettre en action les mesures arrêtées de commun accord et décidé à rechercher de nouveaux points d'appui et à étendre notre champ d'action.

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Ce chapitre devrait se poursuivre et s'achever par l'étude des ressorts qui assurèrent à l'activité apostolique de F. T. sa continuité et son ampleur. Le lecteur comprendra la discrétion qui s'impose en pareille matière. Qu'il suffise de signaler que F. T, faisait une grande part à l'oraison dans sa vie pourtant si active ; chaque matin, il méditait, assistait à la sainte Messe et communiait ; Tertiaire de Saint François il récitait quotidiennement le petit office de la Sainte Vierge ; il était admirateur de saint Paul dont il avait étudie toutes les épîtres. Chaque année, pendant la Semaine Sainte, il faisait sa retraite à l'abbaye cistercienne de Rochefort ; trois fois par semaine, il adorait durant une heure le Saint Sacrement ; jamais il ne prenait son repos' avant d'avoir achevé son chapelet.

Voici les dernières lignes du carnet sur lequel il écrivait ses notes de retraites ; elles sont datées du 1 avril 1943, jour de Pâques :

« Adieu à l'église monastique par une longue méditation pascale... L'on voudrait rencontrer derrière un pilier saint Pierre ou sainte Magdeleine et leur demander : « dites-moi, qu'avez-vous fait après la Résurrection pour monter en sainteté comme vous le fîtes ? » ...J'ai eu beaucoup de grâces durant ma vie, plus que d'innombrables hommes : j'ai pu travailler chaque jour dans le champ du Seigneur, j'ai partagé l'amitié si bienfaisante de tant de prêtres, j'ai fait au cours de ma vie bien des retraites, j'ai eu le bonheur de rencontrer sur ma route des âmes sublimes surtout dans le milieu ouvrier... Seigneur j'aurais dû être bien haut dans les voies de la perfection...

Pardon, Seigneur d'avoir gaspillé tant de bienfaits et d'avoir écouté si distraitement vos appels.

Demain je reprendrai la lutte contre mes défauts. Je tâcherai d'être plus charitable et plus patient. J'accepterai les contradictions, les critiques, les incompréhensions dont je suis l'objet dans mon action, en me répétant que ces épreuves, si je les accepte sans me cabrer, seront un pain spirituel pour mon âme.

Jamais je ne veux me décourager. L'heure du découragement est celle du prince des Ténèbres.

Je vous remercie, Seigneur, de ces journées. Je vous remercie de votre résurrection en moi ».


Notes

1Il y a dans des ouvrages du P. Scbwals, du P. Müller. de Pierre Bayart, de Philippart de Roedel, de Dubreuil, de Thellier de Poncheville, dans les Biographies de L. Harmel, ainsi que dans les c.r. de certaines Semaines Sociales de France, des études lumineuses en ce domaine. La collection de la Revue de l'Association des Patrons et Ingénieurs de Belgique, celle de la Revue de L'U. S. I. C. et celle de « Miciac » en France, ont donné au cours de ces dix dernières années de précieuses références sur les ouvrages récents.


2Déjà en juillet 1934, le Chanoine Pierre Harmignie, alors professeur 1 l'Université de Louvain. écrivait à F. T. « Ne profiterez-vous pas de votre départ de la J. O. C. pour fonder, mettons « la Fédération des anciens Jocistes » qui, sans s'occuper des questions proprement professionnelles. tâcherait de garder au coeur des anciens jocistes tout leur bel idéal de vie chrétienne et de les aider à le réaliser, particulièrement dans le domaine familial ? Petit à petit les anciens jocistes deviendront une imposants armée qui serait après un certain temps, un excellent organisme d'action catholique proprement dit, dans le milieu ouvrier adulte... Si ce projet pouvait se réaliser, il serait, je le pense si fécond que je n'ai pu m'empêcher de vous le soumettre. »

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