Un grand départ




UN GRAND DEPART

Le plus grand sans aucun doute après celui du fondateur de l'A.C.J.B. M. le chanoine Brohée.

Notre association a quinze ans, sans compter les années de guerre et les deux ou trois années d'avant-guerre, durant lesquelles l'idée féconde a été semée. Nous entrons dans une période de séparation. Un mouvement de jeunesse est destiné à perdre continuellement ou plutôt à donner ses meilleurs éléments. Il a pour raison d'être de fournir des recrues aux organisations d'adultes. Il ne doit pas céder à la tentation de les garder, par une sorte d'égoïsme, au delà des justes limites. La J.O.C., en cela comme dans le reste, donne l'exemple à toutes les fédérations de l'A.C.J.B. Ses premiers permanents et propagandistes sont déjà passés pour la plupart au service des formations adultes de la Ligue des Travailleurs Chrétiens.

C'est évidemment le plus grand sacrifice que la J.O.C. ait consenti depuis son origine que de donner Fernand Tonnet aux Syndicats chrétiens du pays de Charleroi. Nous le disons sans crainte de froisser personne. Le premier président de la J.O.C. ne sera pas remplacé adéquatement. Et il y a du renoncement de la part et d'autre à décider le départ dans ces conditions. Mais lorsque le chef d'un mouvement peut partir sans créer un grand vide, c'est qu'en somme il a attendu trop tard pour penser à son remplacement.

Il nous souvient des temps héroïques où nous allions voir Fernand Tonnet, avec la première et modeste équipe des dirigeants de la J.O.C., dans une soupente de la rue Plétinckx. Fernand Tonnet quitte l'œuvre magnifique au moment où elle est glorieuse et puissante, à la veille du dixième anniversaire et de l'inauguration du home immense que la jeunesse ouvrière et l'Action Catholique doivent à l'audace du chanoine Cardijn.

Nous sommes persuadés que Fernand Tonnet restera non seulement l'ami fidèle, mais un conseiller précieux des œuvres auxquelles il a consacré sa jeunesse. Nous voulons cependant, au moment de son départ, lui dire avec émotion la reconnaissance de tous ceux qui ont eu la joie et l'avantage d'être ses collaborateurs.

D'autres, plus autorisés que nous, lui diront ce dont la J.O.C. lui est redevable. Ils lui diront que partout où l'on racontera l'histoire merveilleuse de la J.O.C., il faudra toujours et en premier lieu joindre son nom à celui de M. le chanoine Cardijn.

Mais nous voulons dire ici tout ce que l'A.C.J.B., tout ce que le mouvement de jeunesse dans son ensemble doit au président de la J.O.C. Fernand Tonnet fait partie, depuis des années, du Bureau de l'A.C.J.B., dont il est le vice-président. Je tiens à dire publiquement que personne n'y fut plus assidu, plus laborieux et n'y a rendu plus de services que lui. Car il est un des exemples les plus étonnants que je connaisse de valeur progressive et ascendante dans l'accomplissement de sa mission. Il était dès le début un dirigeant et un propagandiste remarquable. Mais quelle distance parcourue en quinze ans, quel enrichissement d'intelligence, de compétence, de caractère et de prestige. Fernand Tonnet est un homme. Un homme qui compte non seulement dans les œuvres de jeunesse, mais dans le pays.

Le bureau de l'A.C.J.B. lui confiait des missions et des représentations importantes. C'est ainsi qu'il était le délégué de toutes les œuvres de jeunesse catholique au Comité central de la Ligue pour le relèvement de la moralité publique, au Centre catholique d'action cinématographique, au Conseil d'administration de la « Vie Catholique à l'Exposition universelle de 1935 ». Nos principes et nos intérêts étaient en bonnes mains lorsqu'il les représentait et nous n'eûmes jamais qu'à nous louer de ses interventions. C'était peut-être sa qualité maîtresse que le sentiment exact des situations et l'intuition des décisions et des attitudes qu'elles exigent.

Mon cher Tonnet accepte en toute simplicité, comme nous te le présentons au nom du Bureau et du comité de l'A.C.J.B., au nom de tout le mouvement de jeunesse catholique, l'hommage de l'amitié, de la reconnaissance et de l'admiration.

(J.O.C., 7-14 juillet 1934.) Mgr Louis PICARD.


CHEZ LES « ARPETES » DE PANAME

Ce dimanche 13 mars 1927. Dans le local de la section, les uns préparent la salle... d'autres s'apprêtent à partir en délégation. Parmi eux, un jeune apprenti plombier, gavroche ne tient plus en place... Que se passe-t-il ?

Il s'agit d'aller à la gare du Nord, chercher le cher Abbé Cardijn et le sympathique Fernand Tonnet, le président de la J.O.C. de Belgique, représentant des milliers de jeunes travailleurs. Ils venaient rendre visite à la petite section naissante, berceau de la J.O.C. Française.

Temps pluvieux... mais joie sur les visages !... A l'arrivée du train... sourire de Fernand à la pensée des insignes jociste qu'il voyait pour la première fois dans notre pays.

« Voilà des chics types, s'écrie-t-il... ce sont de vrais jocistes ! Cela se voit à leurs visages ! ... Avec eux, le mouvement marchera sûrement... ils nous dépasseront bientôt... Nous l'espérons tous !...

Pour sceller cette promesse, tous nous allons faire une courte prière en la Basilique du Sacré-Cœur, à Montmartre.


LE SOIR.

La petite salle était pleine de jocistes, d'aumôniers venus voir les fondateurs du mouvement et se documenter. Après que le cher abbé Cardijn nous eut retracé sa vie, son serment de se donner, de se tuer pour la classe ouvrière..., Fernand prit la parole insistant sur la formation nécessaire pour devenir des chefs ouvriers. Il nous clama sa joie de voir le mouvement franchir les frontières belges et nous dit tout l'espoir qu'il mettait dans cette petite section de Clichy pour reconquérir toute la jeunesse ouvrière de France.

Nous avons eu l'occasion de revoir Fernand, un mois après. C'était en avril, à la magnifique semaine d'études de La Louvière. Avec quelle ardeur il salua la petite délégation française! Nous nous sentions membres de la grande famille jociste ! Nous gardâmes une forte impression de ce premier contact avec les grandes réunions jocistes.

Quelle énergie pour diriger les discussions! Quelle connaissance de la classe ouvrière! Quel amour des travailleurs! Quand on le félicitait, ou, après les bravos enthousiastes qui le saluaient, il s'effaçait pour faire reporter ces bravos sur les chics petits gars qui, par leurs souffrances endurées à la mine ou dans l'usine, faisaient progresser la J.O.C.

Nous avions en Fernand, une belle figure de chef.

Les . premiers jocistes français n'oublieront jamais l'aîné qu'ils avaient comme exemple, le grand frère qui les a soutenus, dans les premiers pas, s'inquiétant de notre action et nous encourageant.

Malgré son travail, Fernand ne craignait pas de se déranger pour venir participer à nos réunions, nos semainés intensives. Il aura eu la joie non seulement de présider à la naissance de la J.O.C, mais encore d'assister à son extension, en Belgique et à l'étranger.

Président général de la J.O.C, de France. QUICLET, (J.O.C., 7-14 juillet 1934.)



AU PAYS DES TERRILS

S'il est une région de la Wallonie que le Président national aimait particulièrement, nous pouvons le dire sans crainte de nous tromper, c'est le Borinage.

Pourquoi? Sans doute parce que, encore jeune, il y avait fait ses premières armes dans l'apostolat social et populaire qui devait faire toute sa vie, mais aussi et surtout pensons-nous, parce qu'il y a entre notre Président national et le Borain une grande ressemblance de caractère.

Le Borain, c'est légendaire, à côté de ses défauts, a une grande qualité : « il a bon cœur ». Un jour j'entendais dire par un prêtre du pays de Charleroi venu dans le Borinage : « Le Borain ce n'est pas un cœur d'or qu'il a, c'est un cœur de diamant. » Il avait raison ce prêtre.

Rien d'étonnant donc à ce que notre Président ait eu une prédilection toute spéciale pour le Borinage, car lui aussi est un bon cœur. Nous l'avons expérimenté plus que tout autre, nous les Borains.

Nous garderons toujours le souvenir de nos réunions de l'équipe fédérale. L'atmosphère de douce et sincère amitié que le Président était parvenu à y créer en même temps que le bien qu'il nous a fait par ses leçons de formation générale, nous ont laissé à tous le meilleur souvenir.

Beaucoup d'entre nous ont senti naître à ces réunions leur vocation sociale et si demain le Borinage compte de nombreux apôtres de l'action sociale chrétienne, c'est à la J.O.C. certes qu'on le devra, mais tout particulièrement au premier président, celui qui restera toujours le Président-fondateur de la J.O.C. que nous ne saurons pas oublier : Fernand Tonnet.


(J.O.C., 7-14 juillet 1934.) LES BORAINS.


FERNAND TONNET : SOLDAT

Camarades soldats et anciens soldats, sachons que l'apôtre que « JOC » fête en ce numéro a été le premier artisan du Service des Jocistes-Soldats.

F. Tonnet a porté son attention sur la préparation des futurs miliciens au Service Militaire. Il a songé au soutien moral de nos jocistes durant leur séjour à la caserne. Il s'est occupé des conditions matérielles de vie de tous les soldats.

Il n'y a que deux ans que notre président général, écrasé par trop de besognes, a remis le service à un jeune propagandiste qui venait de terminer son service militaire.

Si Fernand Tonnet s'est intéressé à la vie du soldat, c'est qu'il en avait le droit. Il a vécu sa vie. Il a partagé ses souffrances. Il l'a aimé de son grand cœur.

Dès sa rentrée du front, il a continué à s'intéresser à son sort.

Fernand Tonnet s'est engagé volontaire de guerre, le 6 août 1914, au Régiment des lanciers.

Durant toute la guerre, Fernand fut à l'active comme mitrailleur. A la dernière offensive, il fut envoyé en patrouille de reconnaissance.

Sa conduite au front : on la devine ; ce fut celle d'une âme généreuse qui sait se donner totalement. Il fut plu- sieurs fois cité aux ordres du jour de son régiment et reçut de brillantes décorations.

Il faut lui appliquer ce qu'il a écrit lui-même d'un de ses compagnons d'armes, Louis de Lalieux : « Il n'admit jamais que la vie de guerrier fut pour lui une cause fatale et inévitable, d'enlisement moral, de torpeur d'âme, d'engourdissement intellectuel, d'abrutissement... »

Au front, il collabora à la revue : « Saint-Louis en Campagne ». Plusieurs fois, il donna des leçons et causeries aux hommes de sa compagnie. A la dernière offensive, le général de Witte l'avait chargé de donner six conférences aux soldats de son régiment. On imagine ce que furent ces exhortations du futur président général de la J.O.C.

Il avait refusé d'entrer à l'école de sous-lieutenance, voulant rester au milieu de ses camarades, à l'active, face au danger immédiat.

Au front, Tonnet ne manquait jamais l'occasion d'assister à la messe et à communion. Il fut très souvent surpris en rentrant de trouver son cheval pansé et tout son fourbi « astiqué » par ses camarades.

Pourtant, Dieu sait s'il a dû lutter contre l'ignorance et la conduite trop souvent faite de débauche de ses compagnons de guerre.

Malgré les reproches de Fernand, malgré ses appels répétés à plus de dignité, ils l'aimaient... parce que tout en vivant intensément son christianisme, il était le camarade rayonnant de gaieté, le chef dévoué, sachant se faire obéir et aimer de ses hommes.

Fernand, les soldats d'hier et d'aujourd'hui apprécient tout le bien réalisé par le Service des Jocistes-Soldats, que tu as animé de ton âme ardente. Toujours, ils t'aimeront !


LE FACTIONNAIRE DU COIN.

(J.O.C., 7-14 juillet 1934.)


Pour sauver des vies ouvrières

Octobre 1924, au cercle d'études du Secrétariat général, ... Tonnet a la parole :


La J.O.C., mes chers amis, veut sauver les âmes et les corps des jeunes travailleurs. Tout ce qui leur nuit dans leur vie de travail doit nous stimuler, nous décider à trouver des moyens pratiques de les préserver, de les aider.

Il faut par la J.O.C. donner aux ouvriers la joie et la confiance au travail.

Or, nous constatons que les accidents de travail sont un véritable fléau pour la classe ouvrière et que malgré certaines mesures de sécurité imposées, il reste beaucoup à faire pour éclairer nos travailleurs et en particulier les jeunes inexpérimentés.

Qu'allons-nous faire ?... Commençons par rechercher ensemble les causes d'accidents et après cette enquête, voyons ce qui a déjà été réalisé dans ce domaine chez nous et à l'étranger ; décidons ensuite des remèdes pratiques que nous proposons.


LES RESULTATS

C'est de ce travail obscur et persévérant que Fernand est parti pour monter le service de Sécurité et d'Hygiène de la J.O.C. Au bout de quelques mois, la J.O.C. disposait d'une documentation unique en Europe : affiches de sécurité de tous les pays, appareils de protection, tracts de propagande, livres, etc.

Pour la première fois, une organisation de jeunesse faisait elle-même l'éducation de la sécurité et de l'hygiène auprès de ses membres qui devenaient à l'atelier, au bureau, à l'usine, les champions éclairés de la santé, de la prévention et créaient ainsi autour de la J.O.C. une sympathie générale.

Pour remuer l'opinion publique, de grandes expositions sont montées à Vezin, Liège, Tamines, Charleroi, Gand, etc. Des dizaines de milliers de curieux en sortent convaincus de l'action pratique de la J.O.C. pour le relèvement de la classe ouvrière. Le Bureau International du Travail reconnaît officiellement que la J.O.C. est la première organisation de jeunesse du monde qui a osé d'aussi audacieuses et magnifiques réalisations pour la sécurité ouvrière.

Ajoutons à cela les conférences, les films nouveaux qui ont été montés, les articles dans les revues et en particulier dans « JOC » et l'on comprendra que Fernand soit pour nous le Pionnier de la Sécurité ouvrière.

Chaque jour encore, il poursuit sa documentation et nous pouvons affirmer que grâce à lui, pas une autre organisation ouvrière n'a fait autant que la J.O.C. pouf sauver de l'accident, l'ouvrier et sa famille.

Un triple ban donc à celui qui a voulu réaliser la devise : « prévenir vaut mieux que guérir » et continuons demain ce travail qu'il a si courageusement commencé.

P.G.


CROQUIS D'AUDIENCE...

La parole est à Fernand Tonnet.

Fernand Tonnet... Une ressemblance physique étonnante et inattendue avec M. François Mauriac.

La pose du corps est nonchalante ; la figure fatiguée ; de longues mains pâles, au bout de deux bras las ; la tête, elle même, repose inclinée ; le regard, lointain parfois, et comme distant, plonge vers d'invisibles horizons... Ne nous le dira-t-il pas tantôt? Il a fait son plein de silence sur la Montagne.

Le voilà à la tribune, penché avec je ne sais quoi de barrésien dans l'attitude. Soudain, une voix descend, souple, claire et grave, lente et détachée, élégante et rigoureuse, nette et caressante, tour à tour suave et impérative.

Ce qu'elle exprime, cette voix, ce n'est pas le cortère de belles idées, parées dans les solitudes du cerveau de tous les faux prestiges du paradoxe ou des faciles artifices de l'esprit ; ce n'est pas, d'autre part, simplement, le cri d'une conviction, qui sort des entrailles, irraisonnée, irréprimable comme le hurlement d'une douleur, avec l'aveuglement d'une douleur, et quand même l'accent irrésistible de la Vérité ; cette voix exprime, pleine d'audace retenue, l'effort et le fruit d'une méditation austère promenée à travers les dures expériences de l'Action.

Tonnet n'annonce rien de neuf et ne recherche point la singularité dans ses propos. Il dit des choses simples comme la vérité, en termes précis et dépouillés qui confèrent à sa phrase l'incomparable charme de sa nudité élégante.

Il dit des choses évidentes (quand on l'entend parler, on se déclare à soi même : « Au fond, c'est très vrai, ce qu'il raconte là ») mais seulement évidentes, pour cette attention intérieure laquelle fait si souvent défaut en nous. Il ouvre les yeux sur des évidences.

Avec un doigté sûr, il marque les plaies. Son discours n'est point l'effet d'une réflexion raisonnable qui frappe l'esprit ; mais le fruit d'une observation patiente et crue qui déconcerte les estimations falotes et approximatives. C'est un homme qui a regardé les choses, sans se soucier de se faire une idée sur elles ; ni s'occuper surtout de trouver une façon curieuse d'exprimer l'idée qu'il s'en fait.

Il peut dire, lui, sans forfanterie, qu'avant de juger il a visité cent quatre-vingts communes. Il ne dit pas cela pour se vanter : la belle affaire! Au fond de lui, il se fait le reproche de n'en avoir pas visité le double.

Il formule très peu de choses : mais il a l'intelligence complète de la vérité qu'il commente. Il ne livre point à l'esprit un sujet de méditation. Il propose à la volonté l'objet d'un acte. Il veut des points de départ précis et des fins claires ; des moyens pratiques et des méthodes positives. Mais tout cela, fondu, brûlé dans l'amour de Dieu.

Car le képi du fonctionnaire messied au regard de l'Apôtre.

« Les cahiers de la jeunesse catholique « , 20 mai 1928 »


POUR ETRE APOTRE

Pour l'amour de l'or, la vie moderne jette l'homme dans un travail qui souvent le tue, sans le nourrir, ou l'abrutit sans l'enrichir.

Il est des métiers dangereux qui font mourir prématurément ceux que la misère a contraint de les embrasser.

Il est des maladies professionnelles qui ne devraient pas exister dans une société normale.

Surtout il y a des âmes qui ont trouvé la déchéance dans leur travail. Ames d'hommes, de femmes et d'enfants que le développement de certaines industries, les exigences de la concurrence, la vanité du luxe ont arrachées à la vérité et au bien et qui avez été jetées dans la honte et le vice, nous devrions tomber à genoux, pitoyables et contrits, devant le spectacle de vos chutes, dont nous sommes responsables, à cause de notre insouciance et de notre légèreté.


* * *

Je dois vouloir, pour tous les hommes, assez de pain quotidien pour qu'ils puissent vivre honnêtement et assez de liberté morale pour que leurs âmes aient le temps de se cultiver et de s'embellir.


* * *

Toutes les âmes ont un prix : Jésus-Christ est mort pour elles. Ce n'est pas seulement au pain quotidien qu'elles ont droit ; il faut respecter Dieu présent en elles. Il n'est donc point permis de tout faire des hommes et, sous prétexte que certains sont pauvres, misérables et faibles de les utiliser pour les besognes maudites, de se servir d'eux pour en faire les marchepieds sanglants des fortunes impies.


* * *

Le Christ a dit : « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice ». Avoir faim et soif de la justice, c'est souffrir de ce qui est fait à autrui comme d'une injure personnelle ; c'est considérer la cause de celui qui souffre comme notre cause, c'est ne connaître jamais, ni le repos, ni la paix puisqu'il y a et qu'il y aura toujours en ce monde un progrès à réaliser.

Abbé E. BEAUPIN (Paris).

(Jeunesse Syndicaliste), juin-juillet 1921.

(Ami de Marc Sangnier, fondateur du « Sillon » et de Marius Gonin, fondateur des « Semaines Sociales » de France, l'abbé Eugène Beaupin (1877-1953) est l'auteur de plusieurs ouvrages : « L'éducation sociale et les cercles d'études », « Au seuil de la jeunesse », etc... Mais le livre qui restera son chef d'œuvre est : « Pour être apôtre » qui parut chez Lethielleux en 1907. Bien avant l'apparition de l'Action Catholique, l'abbé Beaupin — qui fut promu prélat de la Maison de Sa Sainteté — composa avec une remarquable clairvoyance, une grande générosité, une admirable indépendance d'esprit et de jugement un réel bréviaire social destiné à entraîner les jeunes à la pointe du combat et du progrès.)




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